Belgique @ ONU

La Belgique aux Nations unies.

Contexte historique

La Belgique et les Nations unies : une perspective historique.
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Photo en noir et blanc de la délégation belge à San Francisco

Au printemps 1945, des diplomates belges assistent à la rédaction de la Charte originale des Nations Unies à San Francisco. Le 26 juin, la Belgique adhère officiellement à l'Organisation aux côtés de cinquante autres membres fondateurs.

La première session de l'Assemblée générale s'est tenue à Londres en 1946. Deux ministres des Affaires étrangères s’y sont alors disputés la présidence de ce noble hémicycle : le Norvégien Trygve Halvdan Lie et l'ancien Premier ministre belge Paul-Henri Spaak. Finalement, notre candidat sera élu premier président de l'Assemblée générale et Trygve Halvdan Lie occupera le poste de secrétaire général.

À l'automne 1946, lors de sa deuxième session à Flushing Meadows dans le Queens, l'Assemblée générale choisit New York comme siège permanent de l'Organisation. Trois ans plus tard, son siège est construit sur la rive de l'East River à Manhattan. La conception du complexe immobilier est confiée à une équipe internationale de onze architectes de renom, sous la direction de l'Américain Wallace K. Harrison et dont faisait partie Le Corbusier (France-Suisse), Oskar Niemeyer (Brésil) et le Belge Gaston Brunfaut.

Preuve de son ambition, la Belgique a été élue pour la première fois membre non permanent du Conseil de sécurité dès 1947. À ce jour, la Belgique a occupé ce siège à six reprises. Elle a également été élue trois fois en qualité de membre du Conseil des droits de l'homme de l’ONU à Genève.

Aujourd'hui, la Belgique verse 0,773 % du budget de l'ONU et se classe dans le top 25 des contributeurs (en cumulant le budget ordinaire, les opérations de maintien de la paix et les Tribunaux internationaux). Au-delà de ces contributions obligatoires, la Coopération belge au développement se distingue par son financement de base constant des organisations de l'ONU et consacre une part importante de son aide aux pays les moins avancés (PMA).

La Belgique participe aux opérations de maintien de la paix (OMP) depuis 1948. Notre première intervention a eu lieu au Cachemire (1949), suivie d'une vaste opération en Corée (1950). Au cours des décennies suivantes, la Belgique n'a participé à aucune OMP jusqu'aux opérations en Somalie (ONUSOM), en ex-Yougoslavie (FORPRONU/ATNUSO) et au Rwanda (MINUAR) dans les années 1990. Lors de cette dernière opération, dix casques bleus belges ont trouvé la mort, ce qui a entraîné une suspension temporaire de la participation de la Belgique aux opérations de maintien de la paix. Au cours de ces dernières années, l’armée belge a déployé des casques bleus au Soudan (MINUS), au Liban (FINUL), au Moyen-Orient (ONUST), en République démocratique du Congo (MONUSCO) et au Mali (MINUSMA). Des soldats ont également été envoyés dans le cadre de coalitions mandatées par l'ONU, comme l'ISAF en Afghanistan. Lorsqu'elle participe à des missions de maintien de la paix, la Belgique met l'accent sur l'excellence. Les effectifs limités de nos forces armées ne nous permettent pas d'envoyer de grands contingents aux quatre coins du monde. Toutefois, en fournissant des capacités médicales et aériennes stratégiques et en assumant des fonctions de commandement, d'observation et de liaison, nous nous efforçons tout de même de répondre, dans la mesure du possible, aux situations de crise autour du globe. Au cours de ces dernières années, nous avons eu de plus en plus recours à des moyens civils (police, protection civile, tribunaux) pour gérer les crises.

Le multilatéralisme faisant partie intégrante de notre ADN diplomatique, les Belges n'ont jamais hésité à prendre des responsabilités au sein de la communauté onusienne. Tout au long de son histoire, les ambassadeurs belges ont présidé diverses commissions à l'Assemblée générale. Au sein du Secrétariat également, plusieurs compatriotes ont occupé des postes importants, comme le professeur Eric Suy, qui a exercé les fonctions de secrétaire général adjoint aux affaires juridiques et de conseiller juridique des Nations Unies, puis de directeur général du Bureau des Nations Unies à Genève (1974-1987), l'ancien ministre belge Michel Hansenne (directeur général de l'Organisation internationale du travail de 1989 à 1999), ou encore Peter Piot, qui fut le premier directeur exécutif de l'ONUSIDA (de 1995 à 2008), l'ambassadeur Johan Verbeke, qui a été représentant spécial du secrétaire général pour la Géorgie (2009) ou l'ancienne ministre Isabelle Durant, qui a occupé les fonctions de secrétaire générale adjointe de la CNUCED jusqu'en 2021, pour n'en citer que quelques-uns.

Parmi les Belges qui occupent actuellement des fonctions de premier plan au sein du système des Nations Unies, citons :

  • M. Philippe Gautier, qui a été élu greffier de la Cour internationale de justice pour un mandat de sept ans, à compter du 1er août 2019. Il succède à un autre Belge, Philippe Couvreur, qui a occupé le poste de greffier de la CIJ de 2000 à 2019.
  • Notre ancien procureur fédéral Serge Brammertz a assumé le rôle de procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie jusqu'à sa dissolution fin 2017, après laquelle il a commencé à exercer les fonctions de Procureur du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux.
  • Le docteur Hans Henri P. Kluge a entamé son mandat de directeur régional de l'OMS pour l'Europe le 1er février 2020, après avoir été désigné par le Comité régional de l'OMS pour l'Europe et nommé par le Conseil exécutif de l'OMS. Il a été réélu en 2025 en tant que directeur régional pour l’Europe par l’OMS.
  • Benoit Van Keirsbilck a été le premier Belge à être élu membre du Comité des droits de l'enfant des Nations Unies (CRC), pour un mandat allant du 1er mars 2021 au 28 février 2025.
  • Le professeur Catherine Van de Heyning a été élue par le Conseil des droits de l'Homme pour siéger à titre personnel au Comité consultatif du Conseil des droits de l'Homme jusqu'au 30 septembre 2023. Le Comité consultatif du Conseil des droits de l'Homme fonctionne comme un groupe de réflexion pour le Conseil.
  • Depuis 2022, le professeur/docteur Ludovic Hennebel a été choisi en tant que vice-président expert indépendant au Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CDESC).